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Savoir abandonner



Personne ne vous a appris à abandonner.

Au contraire, vous avez plutôt été assommé d'injonctions de type "Never quit", "Ne lâche jamais", "Tiens bon" et autres "Sois fort"... Bien sûr la persévérance est une qualité importante et vous n'irez pas bien loin si vous abandonnez dès le premier obstacle. Mais parfois, il est sain de savoir abandonner.

Abandonner vous est difficile, notamment à cause de deux biais cognitifs :

  • Le biais des coûts irrécupérables : "Nous avons déjà investi x heures et x centaines de milliers d'euros, dans ce projet, nous ne pouvons pas abandonner maintenant !" En réalité, ces ressources investies sont perdues à tout jamais et en continuant, vous risquez de creuser davantage le gouffre. Les exemples ne manquent pas de projets qu'il aurait fallu savoir tuer à temps. Cette vidéo qui explique le principe des coûts irrécupérables précise qu'on les appelle aussi "effet Concorde" : Ce projet franco-britannique d'avion supersonique s'était rapidement avéré être un échec commercial, mais personne n'avait voulu prendre la responsabilité de l'arrêter !

  • Le biais de confirmation : une fois lancé dans un projet, vous n'entendez plus que les arguments qui vont dans votre sens. Vous devenez sourd aux feedbacks qui inciteraient à arrêter au plus tôt.

Vous savez qu'une fois lancé, il vous sera difficile d'abandonner même si cela s'avère être la meilleure option. Comment sortir de ce tunnel cognitif et se donner une chance d'abandonner tant qu'il est encore temps ?

Inspirez-vous des explorateurs : ils ont besoin de trouver le juste équilibre entre dépasser ses limites et savoir abandonner pour se préserver. Pour eux, savoir abandonner est parfois une question de survie. L'aventurier Jérôme Brisebourg apporte deux éléments de réponse :

  1. Puisqu'une fois lancés nous ne savons pas arrêter, c'est AVANT de se lancer qu'il faut réfléchir aux conditions d'abandon. Vous avez pris le temps de repérer les facteurs clés de succès de votre projet ? Parfait, réfléchissez aussi aux conditions qui nécessiteraient un abandon (départ de tel talent clé, défaillance d'un fournisseur, dérapage des coûts de x milliers d'euros, etc.) Reprenez régulièrement ces notes, notamment lorsque vous arrivez à un jalon du projet ou lorsque justement vous manquez un jalon. Faut-il continuer ou se contenter de passer ce projet en pertes et investir son énergie et ses ressources ailleurs ? Avoir défini en amont les conditions d'abandon faciliteront cette prise de décision.

  2. Travaillez sur des scénarios alternatifs : avoir d'autres options vous aidera à ne pas vous sentir pris dans un tunnel et contraint de continuer coûte que coûte. Là aussi, réfléchissez à ces scénarios avant de démarrer le projet, avant que votre cerveau ne soit figé sur l'objectif à atteindre.

Savoir renoncer ou se contenter de 80% d'accomplissement d'un projet va à l'encontre de nos principes, de notre exigence et de notre perfectionnisme. Voyez-en aussi les bénéfices : limiter les pertes, se préserver d'un burn out, se garder la possibilité d'opter pour des choix plus pertinents en cours de route !

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