Rechercher

Préparez le terrain de futures innovations


Nous ne sommes pas tous faits pour innover et réaliser des découvertes cruciales, mais nous pouvons y contribuer  en préparant le terrain ! 

C’est ce que nous montre le chemin de vie du docteur William H. Welch.

Vous ne le connaissez pas ? C’est bien normal. Il n’est connu que :

  • des étudiants en médecine de l'Université Johns-Hopkins car il a laissé son nom à différentes institutions, dont la bibliothèque de médecine ;

  • des passionnés d’histoire des sciences, car il a découvert le clostridium perfringens qui cause la gangrène, alors véritable plaie (sans mauvais jeu de mot...) des champs de bataille.

Il m’était inconnu jusqu’à ce que je lise « The Great Influenza », une somme sur la grippe espagnole (*), que je ne recommande ni aux hypocondriaques ni aux anxieux. J’ai été frappée par le rôle majeur, et pourtant peu mis en avant, du Dr Welch. Il illustre comment une personne peut contribuer indirectement et néanmoins de façon critique à des innovations importantes :

  • Il a repéré très tôt les lacunes en méthodes de laboratoire tant dans le cursus de médecine que dans la recherche (nous sommes dans les années 1880). Il est alors parti plusieurs années en Allemagne, notamment à Leipzig, pour s’inspirer des techniques de laboratoire allemandes et améliorer les procédures d’expérimentation, encore assez empiriques. Puis il s’est attaché à les partager et à les enseigner une fois de retour aux Etats-Unis ;

  • « Père fondateur » de la faculté de médecine Johns-Hopkins, il a su identifier et attirer les meilleurs talents et s’entourer d’une équipe professorale de haut niveau ;

  • Il a contribué à former de futurs prix Nobel, comme George Whipple et Peyton Rous.

Ses méthodes et ses enseignements, ont indirectement bénéficié aux équipes qui se sont trouvées confrontées à l’épidémie de grippe espagnole. Certes, personne n'a trouvé de remède à ce H1N1, mais les recherches faites à l'époque ont contribué par la suite à des découvertes majeures.


Son parcours est inspirant pour ceux qui pensent ne pas apporter de contribution majeure dans leur travail quotidien : vous n’avez pas découvert de vaccin, ni inventé une batterie électrique ultra-légère, ni disrupté votre secteur d’activité ?

Regardez plutôt comment vos actions contribuent à préparer le terrain pour de futures innovations. Et si vous avez le sentiment qu’elles n’y contribuent pas, et que cela est important à vos yeux, que pouvez-vous changer pour y parvenir ?


Voici, à partir du parcours du Dr Welch, 3 pistes à développer :

  • Soigner la méthodologie et lui apporter plus de robustesse ;

  • Repérer les failles de votre environnement et travailler à les combler ;

  • Être un mentor et transmettre votre savoir.

(*) Spoiler alert : ça finit mal pour au moins 50 millions de personnes (les estimations hautes vont jusqu’à 100 millions)...